UN PEU D'histoire ...

Texte écrit par mes parents, les fondateurs de la Ferme de l'Aritoire

 

Le nom Aritoire viendrait du vieux français du XIIème siècle : ariter qui s’est transformé au cours du XIVème en aeriter et qui voudrait dire  «donné en héritage » (Cf  René Lepelley , Toponymiste de Caen). 

Ce hameau qui ne compte plus que 3 maisons habitées à l’année, connut une forte occupation au XVIIIè et XIXè siècles avec au moins 6 foyers. 

En effet à l’époque de nombreuses familles vivaient de quelques arpents de terre et de travail à la  «Fonderie de la Saussay », distante d’un kilomètre. Ce haut-fourneau qui compta jusqu’à 600 ouvriers fut en activité jusqu’à la fin du XIXè siècle.

 

Au cours de la guerre de 1870, des combats meurtriers se déroulèrent sur notre commune : le 21 novembre au matin des escarmouches entre français et prussiens stationnés dans notre hameau, laissèrent malheureusement des victimes civiles et détruisit par incendie une partie d’un des bâtiments situé dans notre cour.

 

 

 

 

Plan Topographique du terrain occupé par les troupes françaises au combat de La Madeleine-Bouvet (21 Novembre 1870)


La partie la plus ancienne de la ferme, la maison d’habitation (orientée plein sud), date probablement du XVIIIè. Elle fut relevée d’un grenier à grain ultérieurement afin de lui donner son style actuel. 

L’ensemble est d’une architecture  typique de la vallée de la Corbionne et sa lecture nous permet d’en voir les agrandissements réalisés  (1844-1875-1882-1884) au fil des besoins et possibilité financières des habitants successifs.

Tous les bâtiments sont d’un mélange chaux-sable et pierres de silex, les entourages des ouvertures  sont en briques voire en grison ou en grès roussard  pour les plus anciennes. Les toits bien sûr sont en petites tuiles comme partout dans le Perche.

PREMIÈRES ANNÉES

Après le lycée ayant fait le choix d’une vie à la campagne, nous nous sommes rapidement orientés vers l’élevage de chèvres. Afin de ne pas démarrer sans un minimum de connaissances nous avons fait un an de stages chez différents éleveurs puis un B.E.P.A «élevage caprin » en 1978 au CFPPA de Melles (Deux-Sèvres). 

N’ayant aucun financement, c’est une place d’ouvrier agricole à Moutiers-au-Perche qui nous fit découvrir cette belle région. Ce qui ne fut pas un choix au début devint vite une certitude ; nous aimions cette campagne et désirions y rester… En même temps qu’un emploi dans une porcherie pour Christian, nous commençons tout de suite  avec les deux chèvres, Olivette et Opaline, que nous avions eu en cadeau de mariage, puis rapidement nous installons un mini élevage dans les dépendances de notre logement de fonction, composé d’une chèvrerie de 6 places et une toute petite fromagerie. Ces installations permettent de se faire la main et pendant qu’Annie s’occupe de la famille (deux petites filles) et du petit troupeau, Christian garde son emploi agricole… 

Et voilà c’est le début d’une carrière d’éleveurs-fromagers !

Ce premier essai nous confortant dans notre choix de vie, nous achetons en 1983 une fermette à 5 kms de notre premier nid sur la commune de La Madeleine-Bouvet et continuons l’aventure…

Le choix de cette  ferme dans le hameau de l’Aritoire s’est imposé pour plusieurs raisons : proximité du travail de Christian que nous voulions garder dans un premier temps pour nous aider à vivre, accès facile pour des clients potentiels  par deux départementales et surtout une fermette au prix de vente adapté à notre petit budget. Le deuxième pas dans notre vie d’éleveurs-fromagers venait d’être franchi.

 

 

 

 

Quand nous arrivons, la maison inoccupée depuis plusieurs années n’avait que deux grandes pièces. Pendant que nous laissons aux maçons la réalisation du plus gros œuvre pour rendre notre logis un peu plus habitable, nous attaquons tout de suite la transformation de l’étable et de l’écurie en chèvrerie de 16 places et dans une autre partie des bâtiments nous décidons d’installer notre fromagerie ; à nous, truelle, chaux, sable, béton cellulaire… Février 1984, nous emménageons famille et cheptel.

 

 

 

 

Cinq années et deux autres petites filles plus tard, Christian est licencié. En 1989, nous décidons donc de sauter le pas et d’agrandir le troupeau à 36 laitières pour travailler tous les deux à plein temps sur la ferme. Le troisième pas dans notre vie d’éleveurs-fromager vient d’être fait.

 

"Annie & Christian LALIERE"